“Je n’ai jamais écouté aucun son sans l’aimer: le seul problème avec les sons c’est la musique”. John Cage
février 13, 2008
Petit livre de tout juste 36 pages paru aux éditions “la main courante” il retrace une de ses “ultimes interventions publique” .
John Cage dans cette allocution parle beaucoup du chaos et évoque un conte qui de par sa simplicité m’a faite pas mal réflechir.
Ce conte vient de la pensée chinoise et est retracé dans un chapitre de Tchouang-Tseu.
L’un des vents vient voir le Chaos et lui dit: “L’état de L’univers est déplorable, que puis-je faire pour l’améliorer?” _ Le Chaos continue, tel un oiseau, à voltiger et à sautiller, sans préter attention à la question; il se tait. Aussi le vent pose-t-il la question une seconde fois;celle-ci demeure encore sans réponse. Comme dans d’autres contes du même genre il faut la reformuler une troisième fois. Le Chaos, alors, cesse de sautiller, et prononce: “Vous n’aboutirez qu’à faire empirer les choses.”
et à la suite de ce conte John Cage ajoute: Voilà pourquoi le journal que je tiens s’appelle “Comment rendre le monde meilleur”, titre à quoi s’ajoute, entre parenthèses “(vous n’aboutirez qu’à faire empirer les choses)”.
“Comment rendre le monde meilleur?” ou comment changer quelque chose dans le monde pour, dans un sens (le notre),lui donner un quelque chose en plus ? Vous vous êtes surement déja posé la question.
Plus jeune, bien que je ne sois pas très vieille, je pensais que l’on pouvait changer le monde avec l’Art. Que si un jour quelqu’un arrivait à donner un tout petit quelque chose à une autre personne et que cette personne donnait ce petit quelque chose à une autre alors petit à petit quelque chose changerait chez les “autres”. Je voulais faire rêver le monde, faire vivre “vraiment” les gens. C’était un peu le pourquoi du comment je voulais “faire de l’art”. Pour faire voir une réalité possible tout autre à “l’autre”, comme si cet “autre” avait les yeux trop encrassés pour voir ou réfléchir. Prétention peut-être mais je pensais profondément que ce monde avait perdu comme un enchantement, que trop terre à terre, matériel, il avait perdu de sa magie , de sa beauté.
Bref des conneries quoi. Mais la petite légende de John Cage illustre bien tout ça. Une fois qu’on veut rendre le monde “meilleur” étant donné que c’est un meilleur seulon nous, nous ne pouvons que le rendre pire… ?
Un drôle de sentiement se mélange.
John Cage a continué à écrire, à continué à vivre avec cette idée du Chaos dans la tête. Je me demande…. Et si au fond le pire ne serait pas un mieu? Essayer de changer les choses apporte toujours sa dose de bon et de mauvais. Un équilibre somme toute. Vieille histoire, encore, de la pensée orientale.
Bref. Passons sur cette petite élucubration mentale à la mord moi le noeud.
Un autre question a été sucité chez moi via les paroles de ce vieux monsieur.
Question sur la nature, l’art moderne et tout le chmilblick.
L’Artiste a recopié la nature , mimétisme et…. bizarrement à un moment donné il en a eu assez et à voulu représenter une autre “réalité”. John Cage amène à une réflexion qui m’a parru interessante sur cette “notion” de recopitage de la nature.
Qu’est ce qui a suciter ce changement? D’après lui ce serait que si l’art évolue, c’est en fonction de la conscience que nous prenons de la façon dont la nature travaille, opère. C’est ce qui lui a permis de devenir compositeur et non scientifique (manière d’oeuvrer de la nature). Cette pensée l’a amené à la nécessité d’avoir recours au hazard.
Le rapport avec la nature? S’il s’était servit de la musique pour s’exprimer , elle n’aurait eu trait qu’à ses émotions personnelles (comme celles que nous éprouvons tous) et n’aurait en rien amené une autre compréhension du monde, donc de la nature.
Vous me suivez…ou je recommence…?
Et puis surtout :
“J’estime que notre pratique artistique va certainement évoluer, au même titre que notre conscience de la situtation et de son aspect chaotique. Nous cesserons, pour commencer, de réduire chaque oeuvre d’art à l’état d’objet, comme nous le faisons quand nous assignons à toute pièce musicale un début, un milieu et une fin. Notre sens de la contradiction nous fera concevoir l’art de façon différente. Nous ne savons toujours pas comment nous devons nous conduire. Nous vivons dans un monde où la difference entre pauvreté et richesse defraye la chronique. Nous devrions changer le mode de fonctionnement de la société , de telle sorte qu’elle fasse marcher le monde.”
Pour ceux qui veulent ce livre est disponible à la bibliothèque l’Alcazard à Marseille.
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